Kill Me Again (Kill me Sarah, Kill me AGAIN with love...)
(Chroniques égocentriques : The Soundtrack Of Your Life)
Radio-Blog   Caroline dit...    PUR VINYLE BABY !!!    Photoblog   KMS del.icio.us

lundi, juin 30, 2003

Aujourd'hui, tu étais à une réunion de tout l'encadrement de ta boite. Rien d'intéressant en soi, loin de là. Mais voilà, tu as passé la journée assis à coté de la jolie So. Tu étais à coté d'elle également pour le déjeuner. Vous avez parlé de tout et de rien, de beaucoup de choses, sans vous mêlez ni faire attention aux autres personnes assises avec vous à cette grande table et qui parlaient entre elles. Tu ne la vois pas souvent, So. ne travaille pas dans le même bâtiment que toi. Mais ses jolis yeux verts, son sourire... et puis c'est toujours un plaisir de parler avec elle. Il y avait quelque chose dans son regard aujourd'hui, dans le tien aussi sûrement. Tu as encore le souvenir de sa main se posant sur ton avant-bras à plusieurs reprises durant votre discussion... cela ne veut rien dire mais... résultat tu es un peu rêveur ce soir... Il faut toujours que tu sois attiré, ou que tu attires les femmes qu'il ne faut pas. Bien entendu, la charmante So. n'est pas libre... Tu ne vas quand même pas replonger dans les erreurs du passé. Trop dur, trop de souffrances potentielles...

Rien à voir, mais depuis hier, tu fais une fixation sur Sonic Youth. Tu remets sur la platine tous ces albums, Daydream Nation, Murray Street, Sister, Dirty, Goo, Washing Machine... Tu ne sais pas si c'est ce climat orageux ou cette tension proche de la rupture qui fait que tu as besoin de leurs guitares distordues déchirant l'atmosphère, mais leur musique est la parfaite bande-son du moment.

"did you get your disconnection notice
mine came in the mail today
they seem to think i'm disconnected
don’t think i know what to read or write or say
glossaries injected daily
words + numbers spell out the price to pay
it simply states, "you're disconnected baby"
see how easily it all slips away

this is no direction
prepare for the city
angels turn on heavens light"

Sonic Youth : Disconnection notice

Kill Me Sarah | 21:18 |




(Vu chez Star Lines )

Ca ne sert à rien mais c'est beau : Un générateur de planète fractale
Mais comme dit Le Petit Prince : "C'est véritablement utile puisque c'est joli."


Kill Me Sarah | 18:46 |


dimanche, juin 29, 2003


Chez The Lazy Sunbather, Rom évoque un album d'Alain Souchon. Tu ne sais plus si c'est sur cet album là, tu ne crois pas, qu'il y a cette chanson, 18 ans que je t'ai à l'oeil. Ca doit plutôt être sur celui où on trouve La p'tite Bill, elle est malade et Poulailler's song. Cette p'tite Bill qui te faisait penser à toi, déjà à l'époque... Mais peu importe.

Son texte t'a surtout fait repenser à 18 ans que je t'ai à l'oeil. Tu avais fait une K7 juste pour ces trois chansons. Surtout pour cette dernière parce qu'elle te faisait penser à ton père. Quand tu écoutais ça, vers 1981/1982, ça faisait un peu plus d'un an qu'il était parti, avant que tu n'aies pu réellement parler avec lui. C'est quelque chose que tu regrettes. Il t'a fallu du temps pour comprendre que les rares choses que tu aimes chez toi, c'est à lui que tu les dois, à son ouverture d'esprit, à sa faculté d'écoute, de compréhension, à son humanisme. Toutes ces choses que tu avais négligées à l'époque parce que tu étais trop con pour les voir mais qui ont fini par faire leur chemin après toutes ces années.

Dans un peu plus d'un mois, cela fera 23 ans qu'il est parti. Il est à Alfortville, peut être sous les feuilles, dans ce cimetiere au bout de la ville, dans cet endroit triste et moche, coincé entre des barres HLM et les anciens gazomètres abandonnés, que tu n'arrives à imaginer que sous de gros nuages gris et menaçants. Peut être parce que quand on l'a enterré il faisait un soleil de plomb.
Tu ne vas jamais le voir, tu n'aimes pas ça, mais tu penses à lui souvent. Tu te dis que dans ta peau, tes p'tits airs il y a un peu de lui, et puis parfois, Papa, tu apparais dans mes rêves.

"Bill, ma Bill, t'es comme tout le monde :
Quand ça coule de tes yeux, ça tombe
Mais c'est pas des confettis,
Cette pluie."


"La p'tite Bill, elle est malade.
Elle a besoin d'une promenade
Avec un qui serait son amoureux,
Une heure ou deux.
La P'tite Bill, y a le temps qui presse.
Elle a besoin d'une caresse,
Des doigts gentils, des doigts doux,
Dessus dessous...

[...] Elle a trop lu de littérature,
La plume coeur, les égratignures...

[...] Elle dit qu'elle est tout le temps toute seule
Mais tout le monde vit séparé
Du monde entier."

Alain Souchon : La p'tite Bill, elle est malade




"Dix-huit ans que je t'ai à l'oeil.
T'es à Bagneux, dans les feuilles.
Je vais jamais te voir, j'aime pas ça,
Mais je te joue de l'harmonica.
T'es dans ma peau, mes p'tits airs,
Un fil débranché, plus d'air,
Dans des camions à gas-oil
Qui tapent dur sous les étoiles.

Tu m'as manqué bien des fois..."

Alain Souchon : 18 ans que je t'ai à l'oeil





Kill Me Sarah | 11:19 |


samedi, juin 28, 2003


La musique de Grandaddy flotte dans ta nuit.
Tes yeux hagards fixent l'écran, comme si la solution se trouvait à l'intérieur.
S'accrocher aux notes, arrêter de penser...

"I haven't been that bad
But I haven't been that good
Overmisunderstood...
Oh I wish I really could
Enjoy the warming sun
Enjoy a warm someone
And end the need to hide
Away alone inside"

Grandaddy : The warming sun


Kill Me Sarah | 23:40 |




Tu aimes les écrits de Ouahad. Comme cette histoire qu'il nous a raconté la nuit dernière. Forcément, ça te parle. Ou bien est-ce "Parce que je continue de trouver ça beau, ces histoires tristes." comme il l'écrit. C'est peut être ça le problème d'ailleurs. D'aimer trop ces histoires tristes.

"La signification de la solitude des mélancoliques, bien moins profonde, va jusqu'à prendre, en certains cas, un caractère esthétique. Ne parle-t-on pas de mélancolie douce et voluptueuse ? L'attitude mélancolique elle-même, de par sa passivité et son détachement, n'est-elle pas teintée d'esthétisme ?
L'attitude de l'esthète face à la vie se caractérise par une passivité contemplative qui jouit du réel au gré de la subjectivité, sans normes ni critères, et qui fait du monde un spectacle auquel l'homme assiste passivement."

Cioran : Sur les cimes du désespoir

Kill Me Sarah | 09:19 |


vendredi, juin 27, 2003

Jack Kerouac spent 63 days during the summer of 1956 as a fire lookout on Desolation Peak, in North Cascades National Park.

"I stand on my head on Desolation Peak
And see that the world is hanging
Into an ocean of endless space
The mountains dripping rock by rock
Like bubbles in the void
And tending where they want-
That at night the shooting stars
Are swimming up to meet us
Yearning from the bottom black
             But never make it, alas-
             That we walk around clung
             To earth
             Like beetles with big brains


Le poste d'observation de Jack Kerouac


Desolation peak

Comment disait-il déjà?
Desolation Desolation, wherefore have you earned your name?
Partir, loin de tout, loin des gens. Loin des quoi? Quel pluriel bien singulier...
S'isoler comme un ermite dans la montagne. Pour oublier. S'oublier, l'oublier, t'oublier.
Fuir le monde.
Regarder le vide.
Dans le blanc des yeux.
Et plonger dedans. Seule échappatoire.
Ultime rencontre.


Ignorant of where we are, how,
What, & upsidedown like fools,
           Talking of governments & history,
-But Mount Hozomeen
The most beautiful mountain I ever seen,
Does nothing but sit & be a mountain,
A mess of double pointed rock
Hanging pouring into space
           O frightful silent endless space
           -Everything goes to the head
           Of the hanging bubble, with men
           The juice is in the head-
           So mountain peaks are points
           Of rocky liquid yearning"

Jack Kerouac : Book of blues : Desolation blues Chorus 1

Mt Hozomeen


Encore le Mount Hozomeen... on the other side

Vendredi soir, vendredi soir. A quoi sers-tu quand on est seul?
Regarder l'immensité et se perdre puisqu'on n'est plus.
Est-ce que l'amour existe encore?
Peut-on encore y croire?
Peux-tu encore y croire après avoir cru à des mots qui n'existent plus?
Ont-ils jamais existé. N'aurais-tu pas rêvé tout cela?
Les mots d'amour sont comme des éphémères, à peine nés et déjà morts.
"Anyway the wind blows" comme dit J.J. Cale.
Ce vent, peut-il encore souffler pour toi?
Fuckin' life...

Kill Me Sarah | 21:48 |


jeudi, juin 26, 2003

Depuis plusieurs nuits, tu fais à peu près le même rêve. Il y a toujours une fille avec toi, différente à chaque rêve. Il y a quelque chose entre cette fille et toi, vous êtes ensemble, du moins, c'est ce qu'il te semble dans ton esprit. Mais, toutes les nuits, à chaque fois tu désires embrasser cette fille, elle détourne la tête. Pas méchamment non, doucement, d'un geste lent, mais sûr. Tes lèvres n'atteignent jamais les siennes, n'embrassent que sa joue, maladroitement, ou ne rencontrent que le vide. A chaque fois, tu sens ton regard qui se vide, qui ne comprend pas ce geste, et jamais tu n'arrives à croiser le sien pour comprendre la raison de cet effacement. La fille, elle ne laisse rien paraître, continue son activité, sa conversation comme si de rien n'était. Cinq fois, dix fois, vingt fois durant ces rêves, cette même scène se reproduit. De plus en plus en déroutante. Une nouvelle fille sera-t-elle dans tes rêves cette nuit? Se dérobera-t-elle de nouveau devant tes baisers? Si maintenant les rêves se mettent à ressembler à la vie...

"The longer i live the less i believe
And all i lost is all i need
The life i made is filled with regret
And i can't tell the half of it
The woman i love has lost her faith
And i just watch as she fades away
The space i'm in is filled with love
The shape i'm in ain't beautiful

Oh, my sentimental fool
Have i got a tale for you..."

Lloyd Cole : Sentimental fool

Kill Me Sarah | 23:22 |




Allez lire absolument le post du lundi 23 juin du Bloc note du désordre. Allez lire le cri de révolte impuissante de cet homme face aux exactions de notre police et de nos politiciens inhumains. Comment ne pas ressentir de la honte devant de tels actes, de telles images...
Comme tu l'écrivais hier dans les commentaires de 404 Brain not found à propos de Sarkozy :
"Quand on pense que l'on a voté pour Chirac pour faire opposition à l'extrême droite..."

"And you may ask yourself
Am I right?...Am I wrong?
And you may tell yourself
MY GOD!...WHAT HAVE I DONE?"

Talking Heads : Once in a lifetime

Kill Me Sarah | 09:17 |


mardi, juin 24, 2003

Papy was a Rolling Stones

Stones toujours titrait Libération le 06 septembre 2002, au lendemain de l'ouverture de la tournée mondiale des Rolling Stones.
Dans quelques jours les Stones débarquent en France pour une série de concerts. Avant que l'avalanche médiatique "Stonienne" ne déboule sur nous, raflant tous les gros titres et les unes, avec tous les poncifs du genre (style : "Le plus grand groupe de rock du monde est de retour" ou "les papys bondissants", et tu passeras sur les "de plus en plus jeunes'"), tu te souviens que tu avais écrit cela l'année dernière en réaction à l'article de Libé (oui c'est un recyclage éhonté) :

"Stones toujours. Et ça te fait frémir. Doit-on croire le publi-reportage de Libé, ou des autres quotidien et magazines à venir? Peut-on encore s'émerveiller sur une bande de vieillards trimbalant son grand magic circus de ville en ville répétant inlassablement ses tubes d'il y a 30 ans, parce que franchement les chansons des Stones de moins de 20 ans, y-a-quelqu'un dans la salle qui s'en souvient?

Désolé, mais "le plus grand groupe de rock du monde" n'est plus que l'ombre de lui-même, et l'ombre diminue au fil des ans, depuis... pffff... allez on va dire 76/77 pour être gentil, et parce que finalement l'album Black and blue n'a pas si mal vieilli que ça, contrairement à tout ce qui a suivi. Oui, 76, et les concerts au pavillon de Paris (anciennement abattoirs de La Villette, où se situe le Zénith maintenant). Abattoirs… la salle portait bien son nom... le pauvre Keith venait de perdre son fils et se faisait changer le sang dans des cliniques suisse, Ron Wood aurait mieux fait de rester chez lui tellement il était inexistant, Jagger raccolait déjà comme une vieille pute de province, et Philippe Manoeuvre s'extasiait parce qu'ils jouaient à nouveau Sympathy for the devil avec les choeurs faisant "Oooh oooh", ce qui était néanmoins la seule bonne nouvelle de cette tournée. On peut entendre ce désastre sur l'album Love you live (volez le, chargez le sur Kazaa mais SURTOUT ne l'achetez pas, même pas pour la
fa(r)ce "retour vers les petits clubs" enregistré au Mocambo). Et derrière ça, plus rien. Some girls auquel on a voulu croire se révèle chiant au possible et tu n'évoqueras même pas la suite par charité rock'n rollienne.

Oh, bien sur, comme beaucoup, tu t'es fait avoir avec Steel Wheels, tu penses, "le meilleur Stones depuis Exile on main Street" disait la presse. Foutaises!!!. Et même que tu t'es fait avoir avec Voodoo lounge, tu penses, "le meilleur Stones depuis Exile on main Street" disait la presse. Au moins il était mieux que Steel Wheels, maigre consolation... Mais depuis, fini, stop , terminé, tu as jeté l'éponge. Tu as vu à la télé un des concerts de la tournée Bridges to babylone et franchement, c'était tellement risible que tu en as eu marre. Tu ne veux plus qu'on te brise tes rêves d'ado avec des concerts pitoyables comme ça. Alors non, tu n'iras pas voir les Stones au Stade de France en 2003. Non.

Tu préfères écouter tes enregistrements pirates des concerts de 71/72/73, avec Mick Taylor au SOMMET de sa forme guitaristique, avec des Stones vénéneux, un Jagger conquérant, arrogant, qui dévorait les foules, un Keith Richards pas encore désintoxiqué qui raclait les cordes de sa guitare comme si chaque soir était son dernier soir, une section rythmique métronomique, et toute la subversion, la rébellion et tout ce que pouvait signifier sex, drugs and rock'n roll, quand les Stones débarquaient en ville.

Alors au lieu de nous servir un ixième best of dont le tiers est à mettre à la poubelle (comme par hasard un tiers date d'APRES 1976), pourquoi ne sortent-ils pas leurs bandes de 72/73, ce fameux album live de Decca, ou les concerts de la tournée de 72 aux States (tournée magnifiquement racontée dans S.T.P : A travers l'Amérique avec les Rolling Stones de Robert Greenfield, épuisé depuis longtemps en France mais réédité en anglais depuis 2 ans, un grand livre de rock'n roll), histoire que les jeunes générations entendent, s'ils en ont envie, ce qu'étaient les Stones à l'apogée de leur puissance rock'n rollienne, plutôt que cette réunion d'hommes d'affaires frippés.
Finalement, il a eu raison de partir fin 1974 Mick Taylor, après l'enregistrement de It's only rock'n roll. D'ailleurs, sur cet album, la dernière chanson, Fingerprint file, se terminait comme ça :
"All right. Good night, sleep tight."
Y'avait vraiment plus à rien à dire de plus."
KMS 06/09/2002

Presque un an plus tard, tu n'as pas changé d'avis. Bien sur, on ne tombera pas aussi bas que la tournée "post-mortem" des Who, mais quand même...
Tu écris tout ça en écoutant Get your Leeds lungs out, un pirate remarquable de 1971, un de leurs meilleurs concerts.
Alors cet été, comme tous les étés, tu vas réécouter Exile on main street, peut être leur plus grand album. Tous les étés, il y a toujours une nuit chaude, trop chaude pour dormir, où tu t'installe dans le noir, juste éclairé par les lumières de la ville, où tu mets cet album, en repensant à cette nuit de l'été 1976 où tu l'as découvert. Comme à chaque à fois depuis cette première nuit, tu te diras que tu voudrais faire l'amour à une jolie fille, sous les étoiles, en écoutant cet album. Probablement que cette année tu te diras qu'il faudrait peut être que tu commences à te dépêcher. Tu repenseras aussi à l'année dernière où tu évoquais ce rêve... et tu te laisseras envahir par la moiteur torride de Shake your hips, de Ventilator blues et de Tumbling Dice, tu te laisseras bercer par Sweet Virginia, Let it loose ou Torn and frayed, tes pieds battront rageusement la mesure sur Rocks off ou All down the line. Voilà, pour toi les Stones ça restera cette image. Une nuit d'été à la chaleur étouffante à écouter ce "putain" d'album. En attendant, qu'enfin, sous les étoiles tu puisses...

Brussels affair, enregistrement du fameux concert de 1973 organisé pour les fans français à Bruxelles, Keith étant interdit de séjour en france pour des raisons opiacées

la couverture de MON exemplaire

Concert donné à Leeds le 13 mars 1971 diffusé à la BBC et allègrement piraté

Pochette de Robert Frank

Et puis, pendant tes vacances, tu liras Rolling Stones, une biographie de François Bon que ta fille t'avait offert pour ton anniversaire et que tu n'as pas encore lu. Tu emmeneras quelques albums des Stones avec toi pour baigner dans l'ambiance musicale du livre. Mais pas un seul postérieur à 1976...

Kill Me Sarah | 22:37 |




Tu es fatigué. Las. Sans savoir si cela est moral ou physique. Les deux peut être. Fatigué de ce bureau où les murs semblent se rapprocher de toi pour t'écraser. Fatigué à force d'essayer de comprendre des réactions, des comportements qui te laissent perplexe. Fatigué. Tu voudrais du neuf, du changement, un air nouveau aux senteurs inconnues. Tu as besoin de vacances. Tout en te disant qu'il faudrait que tu te mettes en vacance de toi-même.

I'm so tired, I haven't slept a wink
I'm so tired, my mind is on the blink
I wonder should I get up and fix myself a drink
No,no,no.

I'm so tired I don't know what to do
I'm so tired my mind is set on you

Beatles : I'm so tired

Kill Me Sarah | 12:08 |


dimanche, juin 22, 2003


Blogue ta musique The end

Tu voudrais remercier toutes les personnes qui sont venues écouter ta chanson, tous ceux qui ont laissé des messages sympathiques ici ou ailleurs, tous ceux qui l'ont aimée et même ceux qui ne l'ont pas aimée et n'ont pas osé le dire :-)
Tu voudrais également féliciter Jean-Luc d'avoir organisé cet évènement fort sympathique qui t'aura permis de faire écouter ta musique et de découvrir tout un tas de blogues que tu ne connaissais pas. Et puis il y a aussi toutes les émotions exprimées à cette occasion, que cela soit en musique, en images ou avec des mots.

Voilà, la fête est finie, on range les instruments, les lampions, les banderoles. La place du village est presque déserte, balayée par un vent doux qui fait s'envoler quelques papiers, les dernières personnes s'en vont là-bas avec leurs souvenirs, et les lumières s'éteignent une à une...

"A feast of friends
"Alive!" she cried
Waitin' for me
Outside![...]

When the music's over
Turn out the lights
Turn out the lights"

The Doors : When the music's over


Neil Young "photoshopisé" by KMS

Kill Me Sarah | 17:23 |


samedi, juin 21, 2003

Blogue ta musique

Euh... tu sais plus quoi dire là d'un seul coup...
Tu viens de lire chez Mediatic que ta chanson là dessous serait peut être diffusée lundi soir sur Nice Radio !!!!!!
Tu ne dois pas être bien réveillé, tu dois encore être en train de rêver là... Ce n'est pas possible autrement...

En attendant, allez écouter le morceau atmosphérique de Telex, ça s'appelle Late Bloomer, ainsi que la plus que magnifique pièce à la harpe de Mlle Sortilèges.
Sans oublier le beau post sur Léonard Cohen chez Douzes lunes, ni celui sur Pat Metheny chez Mario, tout de go, tout comme les souvenirs musicaux de Mes moires & Xeteras et le post En avant la musique chez Fabienne.

Kill Me Sarah | 11:28 |




Blogue ta musique : l'heure de vérité...

L'idée de cette chanson est venue de ce post où tu avais assemblé des haïku de Jack Kerouac. Tu avais trouvé alors que ses mots feraient d'excellents lyrics pour une chanson rock. "Parce que tu vas le faire, n'est-ce pas ?" t'avait dit Marylene, lorsque tu lui avais écrit qu'un jour tu mettrais une musique sur ces haïku qu'elle t'avait envoyés. Finalement oui. Il aura fallu Blogue ta musique pour que tu t'y mettes.
Tu n'es bien entendu pas à la hauteur d'un tel parolier, et la musique que tu as composée n'est pas celle que tu entendais en les lisant. Mais comme tu n'es qu'un "musicien" plus qu'occasionnel, tu n'as pas réussi à transcrire ce que tu entendais. Alors tu as composé et enregistré avec du mal cette chanson simple.
C'est en ré-écoutant la toute fin du morceau que tu t'es rendu compte qu'il ressemblait un peu au Thank you de Led Zeppelin. Trop tard. C'était involontaire. Il y a des musiques trop ancrées au fond de toi pour ne pas ressortir. C'est sûrement pour cela que tu là trouvais plutôt bien cette progression D/C/G avec ces petites variations sur le D. Fort heureusement, Jimmy Page n'en saura jamais rien.

Desolation
(paroles : Jack Kerouac; musique : Kill Me Sarah)
Kill Me Sarah : vocals (enfin ce qui y ressemble), guitars, bass, drums (merci au drum edit de cubase), keyboards.
MADE LOUD TO PLAY LOUD

(Désolé il n'y a pas de streaming, il faut donc charger les 4,8 Mo si vous voulez l'écouter)

Kill Me Sarah | 09:09 |


vendredi, juin 20, 2003

suite...

Voilà. Tu es prêt pour Blogue ta musique. La chanson est terminée, enregistrée, mixée, masterisée (si, si).
Dès demain matin vous saurez ce qui se cache derrière ces petites barres de couleurs... arghh !!! Tu t'excuses par avance auprès des vrais musiciens qui vont écouter ça...

Kill Me Sarah | 18:56 |


jeudi, juin 19, 2003



Depuis quelques jours, tu es plongé dans la préparation de la promesse faite de participer à l'opération Blogue ta musique. Ca faisait déjà deux ou trois semaines que tu avais repris ta guitare rangée depuis les piques-niques de l'été dernier, parce que tu t'étais dit que ça serait sympa de mettre un peu de musique ici pour la fête du même nom. Et du coup tu as dit que tu participerais à l'opération de Jean-Luc. Seulement voilà, comme tu trouves que tu es particulièrement mauvais quand tu reprends les chansons des autres (la comparaison fait trop mal), tu t'es mis dans la tête de composer un morceau spécialement pour l'occasion. Quelle idée. Alors que tu n'as jamais réussi à terminer une seule chanson complètement jusqu'à présent, sur les 5 ou 6 essais que tu as pu faire dans le passé... Depuis vendredi, tu passes toute tes soirées là dessus. Composer ce foutu morceau, tenter d'enregistrer des prises plus ou moins acceptables, essayer de mettre tout ça en forme (en sons). Et là tu commences à angoisser sérieusement. Parce que tu n'as pas fini, parce que ça ne va pas être terrible, parce que ta voix est ignoble, parce que , parce que... Tu dois aimer te mettre dans des situations délicates, ce n'est pas possible autrement. Enfin, au moins, ça t'occupe l'esprit...

Etat actuel de l'avancement... Putain il en manque des pistes...

Kill Me Sarah | 10:18 |


mercredi, juin 18, 2003

Tu aurais voulu avoir du talent. Un don. Quelconque. Mais au moins un. Peinture, musique, écriture, peu importe. Pour pouvoir t'exprimer. Pour réussir à transformer ce qui est en toi en quelque chose de beau. Pour essayer de toucher les gens. Juste un peu de talent, pas beaucoup. Pas de génie non, tu n'es pas exigeant. Tu voudrais juste un peu d'aisance naturelle pour te faciliter l'expression. Au lieu de ça, tout t'est difficile, laborieux. Tout ce qui est en toi reste coincé à l'intérieur parce que tu n'as pas l'habileté nécessaire pour donner vie d'une manière ou d'une autre à tous ces sentiments, à toutes ces émotions.
Que ça soit en écrivant ici, où tes mots n'arrivent jamais à refléter ta pensée réelle, profonde, que ça soit dans la musique, pratiquement abandonnée, par découragement, frustration, où tu n'as jamais réussi à faire quoi que ce soit de correct, où les notes entendues au fond de toi n'ont jamais réussi à sortir. Même si parfois, certaines personnes peuvent trouver intéressant ce que tu dis, fais ou écris, tu sais que cela ne représente jamais ce que tu aurais voulu exprimer.
Tu voudrais créer, tu ne fais que copier. Tu voudrais être acteur, tu n'es que spectateur.
Cela dit, peut être aussi que tu n'as rien à dire finalement...

"If I could dig down deep in my heart
feelings would flood on the page."

The Rolling Stones : It's only rock'n roll

Kill Me Sarah | 10:45 |


mardi, juin 17, 2003

Thom Yorke, Dylan, Marley, Jimmy Page, George Harrison, Elliot Smith, The White Stripes, Neil Young et plein d'autres, David Scrima les dessine dans Trackrecord au gré de ses excellentes humeurs musicales et tu trouves ça bien.

Kill Me Sarah | 15:38 |




The lazy sunbather a eu la gentillesse (merci Chez) de poster ta contribution à sa rubrique : Les disques de ma vie. Pour lire l'histoire d'un des disques de ta vie (et oui il y en a d'autres, tu aurais pu parler de Physical graffiti de Led Zeppelin, du premier Velvet Underground ou d'autres encore), il faut donc aller .

Kill Me Sarah | 12:58 |


lundi, juin 16, 2003

Hier tu as lu le dernier livre de Laurent Chalumeau, Moi & "Bobby McGee. On est loin ici des belles lettres mais ce livre est un grand moment de plaisir. La particularité du livre est d'être construit sur une seule chose, la chanson Me & Bobby McGee de Kris Kristofferson, ce grand classique de la musique américaine, plus connu en france au travers de la version de Janis Joplin. Chalumeau décortique chaque vers de la chanson, revient sur son histoire, truffe son récit d'anecdotes, de digressions, et surfe, souvent sans complaisance, sur le mythe américain de la fin des années soixante. 150 pages pour décortiquer dans la langue de Michel Audiard les deux strophes et le couplet de cette chanson et une partie de l'histoire américaine en prime.

Busted flat in Baton Rouge
Donc, en français, "sans un rond à Baton Rouge". Bateune Ruuuge, comme il prononce ça. Cinq mots et déjà, tant de choses sont dites. "Busted flat" autrement dit, vraiment plus une thune. Ça situe déjà celui qui parle, sa situation économique et, avant même qu'il y vienne, son humeur - il y a de la lassitude "expirée", comme des h qui alourdiraient le coeur[...]
[...] Mais ce n'est pas tout, car ma foi, où se trouve-t-on donc ainsi soudain impécunieux ? Pas à Mégara, faubourg de Carthage dans les jardins d'Hamilcar. Non. Mais à Baton Rouge, Louisiana.
[...] Bateune ruuuge. Le dire, l'entendre, comme dirait le prospectus, c'est déjà un voyage. Evidemment, quand on y va, rien à voir. Mais alors, rien du tout. En revanche, quand on y va, on vérifie que ça convient très bien à ce début de chanson. Le genre de bled où t'as aucune raison de prendre racine. Surtout si t'as plus un radis ! Et d'ailleurs, busted flat in bateune ruuuge...

Waitin' for a train
Donc sans une thune à Baton Rouge. "A attendre le train". A l'exception possible (et encore!) d'un quai de RER C sur le coup de 6 heures du soir ou du TER qui dessert d'ex-"villes nouvelles" devenues depuis "quartiers sensibles", quelque chose d'immanquablement romanesque, parfois de tragique, va toujours s'accrocher à un train qu'on attend et à l'attente qu'on en a. Une possibilité d'évasion. Une promesse de retour. D'autres fois, séparation atroce, un départ qui mutile, le destin qui embouche son sifflet et glapit "en voiture!". Une angoisse d'exilé, pour ne pas se rappeler pire qui nous gâcherait l'ambiance. Alors, évidemment, en attendant un train, la couleur de l'attente variera avec le nom de la gare. Baton Rouge, Louisiana, ou le quai n° 1, Voie B, de Rancy-sur-Yvette, on se doute bien, ça n'aura rien à voir.
Là, c'est une gare du Sud, donc. On est en 1969. Les toilettes, par exemple, n'ont été unifiées, "intégrées", que très récemment. Et par une loi "fédérale", mais dans la pratique, même s'ils ne sont plus là, chacun sait lire encore les écriteaux "White" et "Colored" décrochés à regret par le chef de gare cocu. Il fait chaud. Il fait lourd. Nous sommes sous un climat subtropical. Les voyageurs blancs sont au frais à l'intérieur. Les "Colored" se contentent de l'auvent, sur le quai.[...]

Bobby thumbed a diesel down Just before it rained
Autrement dit, "Bobby fit du pouce à un poids lourd juste avant la pluie". Or la pluie, en Louisiane, ils font ça sérieusement. Un peu la "Rainy Night In Georgia" de Tony Jce White, en fait, même si là on est de jour : "feels like it's rainin' all over the world" . Je corrobore. Des chutes de hallebardes qui te donnent l'impression d'un déluge général : la mousson planétaire, la fin du monde, le "châtiment" ! - qu'au même moment il pleut partout sur la terre. Ça se calme vite, mais le peu que ça dure, tu le sens passer. [...] Notons donc la férocité des précipitations. Et l'économie de moyens de la langue anglaise. Pour dire "Bobby leva le pouce et un camion s'arrêta" - ou plus exactement encore, "d'un mouvement du pouce" (un peu comme un empereur romain au Cirque), "Bobby fit stopper un camion" (car, en même temps que le mouvement, la postposition "down" exprime bien ce côté impératif), il suffit à l'anglais de dire : "Bobby thumbed a diesel down..." grâce au verbe "to thumb down" créé pour l'occasion et - Nénesse, s'il te plaît, tu rajoutes une métonymie sur ma note - au semi-remorque réduit au carburant qu'on met dedans. C'est du sens compressé comme un budget de premier long métrage. Mais surtout, dès le troisième vers, on prend un cours de langue vivante. Un bain d'accent tonique et de "parler" typique. C'est dit "avé l'assang".
"Bobby thumbed a diesel down." "A dizôl dahoune". Enfilade de d, cette fois, t'as l'impression que c'est un seul mot, prononcé bouche tordue, bien grasseyant, comme une giclée de sauce sur le devant de ta chemise. Et qu'est-ce qu'elle a "thumbé", Bobby ? Hm? Un "dizôle dahoune", voilà quoi! "Dizôle dahoune", c'est un peu comme "Bateune Ruuuge". C'est rigolo à mâchonner. Ça roule sur et sous la langue. Ça remplit la bouche. Ça place spontanément la voix une demi-octave plus bas. Tout de suite, ça fait américain. C'est quoi ton nom, étranger ? Dizôle Dahoune ? Ah. Scuze-nous. Pouvais pas savoir. Tout de suite, les mecs ont compris qu'avec un nom comme ça, la façon que tu l'as diphtongué ("Dizôle Da-houne..." ), fallait pas te faire chier. Mais t'en as toujours un qu'insiste : et tu nous arrives d'où comme ça, Dizôle Dahoune, d'un pas si déterminé ? Bateune Ruuuge. Okay, là, c'est bon. Même le mariole s'écrase. Les mecs te foutent la paix. Dizôle Dahoune de Bateune Ruuuge, tu le laisses boire sa canette tranquille, tu vois ce que je veux dire. "

Laurent Chalumeau : Moi & "Bobby McGee"

Kill Me Sarah | 23:53 |




Lundi matin. Soleil. Ciel bleu. La pollution au-dessus de Paris te masquait presque le Sacré Cœur ce matin. Tu l'aperçois normalement après avoir tourné à droite au château, avant la descente qui ouvre l'horizon sur la capitale, en plein dans l'axe de la butte Montmartre. Le rocher du zoo de Vincennes, pourtant plus proche, était lui aussi noyé dans un nuage délétère.

Tu sens un poids sur tes épaules. Une sorte de compagnon de voyage encombrant, fait de lassitude, de solitude, de regrets, de frustrations, d'indécision, de procrastination, d'ennui, de désirs inaboutis, de tant d'autres choses encore. Toutes ces pensées qui estompent les contours de l'existence, lui font perdre ses couleurs et son éclat, un peu comme ce voile de pollution brouille l'horizon...

Kill Me Sarah | 11:58 |


dimanche, juin 15, 2003

Ton ami Darius (non, ce n'est pas son vrai prénom Darius, en vrai il est encore plus bizarre son prénom :-) ), s'est fait un beau site qui s'appelle Etat critique(s) où il met ses critiques de films, livres et autres. Dans la dernière en date, il se défoule sur Greg le millionnaire et ça vaut le coup d'être lu.

Kill Me Sarah | 09:12 |


samedi, juin 14, 2003

Tu es allé à Paris ce matin. Histoire de faire un tour chez Gibert Joseph. Tu as traîné au rayon disque, au rayon livre. Tu as toujours le vain espoir de faire une rencontre dans ces rayons. Toujours l'espoir que les disques ou les livres que tu aurais à la main suscitent de l'intérêt chez une jolie jeune fille. Bien sur cela n'arrive jamais. Et tu repars toujours seul avec tes achats. Aujourd'hui c'était le dernier (superbe) album du groupe Islandais Logh, The raging sun, le nouveau Tindersticks, et la réédition du premier album solo de Colin Blunstone, une merveille de pop/folk intimiste à la Nick Drake. Au rayon livre, tu n'as pu résister devant le Dorian de Will Self (qui est un écrivain extraordinaire, halluciné et hallucinant, il faut lire Cock and bull, Mon idée du plaisir et Ainsi vivent les morts). Tu as également acheté Lullaby de Chuck Palahniuk. Et puis, au détour d'un rayon, tu es tombé sur Book of blues de Jack Kerouac, d'occasion. Tu aimes les livres d'occasion, tu aimes toujours essayer de deviner qui a bien pu tourner les pages d'un livre avant toi. Tu guettes les signes que tu pourrais trouver. Parfois c'est une page cornée, parfois un petit trait de crayon dans la marge soulignant un passage, parfois un papier abandonné comme marque page. Et puis tu es rentré chez toi. Sans avoir fait de rencontre. Comme d'habitude...

Tu as toujours pensé que les livres, les disques, étaient des substituts affectifs. Que tu les achetais pour combler un vide. Tu écris cela et puis tu tournes la tête vers les centaines de CD empilés sur tes étagères à coté de toi. Tu penses à tous ces livres rangés sur tes bibliothèques. Substituts affectifs... quelle (dés)illusion. Tu as beau en acheter, tu as toujours autant besoin d'amour...

Kill Me Sarah | 20:48 |




C'est marrant le nouveau truc sur Weblogues. En mettant dans le code de sa page un meta tag approprié avec la latitude et la longitude de sa ville (pour trouver sa position géographique il faut aller pour l'europe), un lien supplémentaire apparaît dans la liste des blogs mis à jour et permet de visualiser sur une carte le lieu où habite le blogueur en question. Donc s'il y a des curieux, toi tu habites ici à peu de choses près.

Kill Me Sarah | 13:40 |


vendredi, juin 13, 2003


Songs : Ohia, The magnolia electric Co.

Le superbe dernier album de Songs : Ohia, The magnolia electric Co., tourne sur ta platine, collant parfaitement avec cette fin de vendredi soir, dans la lumière couchante du soleil. Encore un vendredi soir à traîner seul devant ton écran. en écoutant cette musique mélancolique remplie d'influences pêchées chez Neil Young.

"But every junkie's like a settin' sun" chante Neil Young sur The needle and the damage done. Pas que les junkies Neil, pas seulement.

Tu te sens toi aussi, comme un soleil qui se couche. Encore plus les vendredis soirs. Tu sens que tu es en train de t'éteindre doucement, que tu vas bientôt disparaître derrière l'horizon. Et tes nuits ne sont pas plus belles que tes jours...

Kill Me Sarah | 21:16 |


jeudi, juin 12, 2003


"Il se réveilla, ouvrit les yeux. La chambre ne lui rappelait rien; il était encore trop plongé dans le non-être dont il émergeait à peine. Il n'avait ni le désir ni l'énergie de situer sa position dans l'espace et dans le temps. Il était quelque part; il revenait des vastes régions du néant. La certitude d'une tristesse infinie stagnait au coeur de sa conscience, mais cette tristesse était rassurante, parce qu'elle seule lui était familière. Il n'éprouvait nul besoin d'une autre consolation."
Paul Bowles : Un thé au sahara

Sans trop savoir pourquoi, à la suite d'associations d'idées vagabondes comme bien souvent, ce soir tu as feuilleté Le thé au sahara de Paul Bowles, lu il y a très longtemps.
C'est peut être la fuite de Port et Kit, allant se perdre, dans tous les sens du terme, même les pires, surtout les pires, dans ce désert si fascinant, qui t'aura fait reprendre ce livre quelques instants. Ou bien l'envie d'espaces vides infinis. Qui sait...


Photo (c) Xavier Fabre

"il n'y avait rien que le vide et pour moi c'est cela la beauté, le vide." Paul Bowles

Kill Me Sarah | 22:14 |




Voilà, le samedi 21 juin, pour la fête de la musique, tu vas participer à l'opération Blogue ta musique organisée par Jean-Luc de Mediatic, et 20six.fr. Tu réserves une surprise "sonore" et un peu musicale aussi, enfin tu l'espères... s'il pleut ce jour là vous saurez pourquoi.

Kill Me Sarah | 19:43 |




C'est étonnant, ce matin tu as l'impression qu'il pleut à l'intérieur de toi.

"The light in this place is so bad
Making me sick in the head
All the laughter is just making me sad
The stars have turned cherry red
I'm strumming on my gay guitar
Smoking a cheap cigar
The ghost of our old love has not gone away
Don't look like it will anytime soon
You left me standing in the doorway crying
Under the midnight moon"

Bob Dylan : Standing in the doorway

Kill Me Sarah | 09:04 |


mercredi, juin 11, 2003


Depuis pas mal de temps déjà, tu as besoin de mots. Ceux des autres, les tiens restent trop souvent coincés dans ta gorge ou dans tes doigts. Les mots de ces écrivains, ces chanteurs, ces groupes, ces poètes qui te touchent, comme des présences rassurantes, comme des explications à tout ce que tu ne comprends pas. Tu as besoin de ces mots qui résonnent, qui font vibrer en toi des cordes trop sensibles. Tu les envies tout ces artistes. Tu voudrais toi aussi, comme eux, pouvoir en quelques mots, expulser tes angoisses, faire sortir ces cris qui restent blottis au fond de toi. Et puis juste après, faire pousser des fleurs dans le coeur des gens, faire étinceler leurs regards.
Et comme tu ne sais pas trouver ces mots là, tu te réfugies derrière ceux des autres. Tu les dresses devant toi comme des paravents pour masquer tes faiblesses.

"if you're hearing screams
come back child, come back
my hands are dry
but I know they're gonna make it
just one more night
too many words, too many words"

Low : Words


Edvard Munch : Le cri

Kill Me Sarah | 09:46 |


mardi, juin 10, 2003

Tu as toujours trouvé que le dessin de cette danseuse juste en dessous, en dehors des souvenirs dont il est chargé, avait quelque chose de particulier. Comme si elle allait prendre vie, sauter de son cadre, faire tourbillonner sa petite robe noire et venir te frôler de ses gestes. Parfois tu voudrais être un magicien et donner vie à ces dessins qui ornent tes murs, transformant ton salon en une salle de bal féerique.

"He said dance for me, fanciulla gentil
He said laugh a while, I can make your heart feel
He said fly with me, touch the face of the true god
And then cry with joy at the depth of my love

Cause I've prayed days, I've prayed nights
For the lord just to send me home some sign
I've looked long, I've looked far
To bring peace to my black and empty heart"

P.J Harvey : The Dancer

Kill Me Sarah | 14:06 |


lundi, juin 09, 2003


Esprit embrumé... association d'idées...

"And I know she's living there
And she loves me to this day
I still can't remember when
Or how I lost my way.

He came dancing across the water..."

Neil Young : Cortez the killer

"In Candy’s room there are pictures of her heroes on the wall
But to get to Candy’s room you gotta walk the darkness of Candy’s hall

Bruce Springsteen : Candy's room

"Nobody knows you,
Nobody knows you,
Nobody knows you when you're down and out.

Old blues...


Personne ne doit rien comprendre à ce que tu racontes ce soir...


Dessin : C

Kill Me Sarah | 22:15 |




"Une odeur fantôme, tout en persistances douloureuses qui volaient bas autour de lui... Et faisait mal. Comme un reste d'affiche décollée qui lutte contre l'arrachage."
Patrick Eudeline : Dansons sous les bombes

Fin de week-end. Les semaines s'enchaînent sans relâche. Une nouvelle commence, qui finira bientôt, inlassablement. Un mouvement perpétuel insistant sans que rien ne vienne te faire oublier le temps qui passe. Comme un briquet vidé de son gaz que l'on s'escrime à vouloir allumer en s'esquintant la pulpe du pouce sur la molette. Des étincelles de plus en plus faibles qui ne font naître aucune flamme. Quelque part, là haut, dans le ciel, ton étoile est déjà morte, jetant ses derniers rayons dans l'immensité cosmique, entretenant l'illusion d'une vie toujours présente.
Aujourd'hui, tu t'es émerveillé devant des centaines de coquelicots perçant au milieu d'un champs de blé...

Kill Me Sarah | 19:57 |


dimanche, juin 08, 2003


Tu retourneras à Big Sur.

Tu partiras de San Francisco. Tu prendras la Highway 1 (la Pacific coast Highway), tu traverseras Palo Alto et la Silicon Valley.
Tu t'arrêteras à Monterey, et tu retourneras voir les requins de l'aquarium au bout de Cannery Row chère à Steinbeck, qu'il ne reconnaîtrait plus tellement cela a changé. L'aquarium est installé dans une ancienne conserverie. Il y a 12 ans, il n'en y avait plus qu'une seule en activité sur les 18. Les autres ont été transformées en centres commerciaux ou en restaurants...

Tu continueras ta route pour arriver dans le très joli petit village de Carmel (devenu célèbre parce que Clint Eastwood en a été le Maire pendant deux ans...). Et puis, poursuivant la Highway 1 qui longe l'océan, tu arriveras sur le Bixby creek bridge. Tu le traverseras à pied, pour profiter de la vue extraordinaire sur l'océan.

A la sortie de Big Sur, juste après le Nepenthe's restaurant, tu t'arrêteras à la Henry Miller Librairy, où il vaut mieux arriver par le bus (25% de réduc sur tous les livres pour ceux qui prennent le bus...).

Tu retourneras à Big Sur et tu y resteras quelques jours. Tu passeras tes journées à lire ou à te perdre dans tes pensées face à cet océan qui n'a de pacifique que le nom, bercé par le bruit des vagues s'écrasant sur les rochers de la côte. Tu te promèneras dans les canyons, peut être retrouveras-tu celui où Kerouac était venu, dans ce paysage qui l'avait terrifié.

"Et le pire de tout, c'est le pont! Je me dirige vers la mer en longeant la rivière grâce à un petit sentier, et je vois cette mince et terrible ligne blanche du pont, à des milliers de pieds de hauteur, au-dessus du petit bois que je traverse. Ce n'est pas croyable. Et comble d'horreur, vous arrivez à un petit tournant de ce qui n'est guère qu'une piste maintenant, et voilà le ressac couronné de blanc qui fonce vers vous en mugissant et déferle sur le sable; il paraît dominer l'endroit où vous êtes, semblable à un mascaret assez gigantesque soudain pour vous faire battre en retraite et courir vers les collines. Et ce n'est pas tout, la mer bleue, derrière les hautes vagues écumantes, est pleine d'énormes rochers noirs qui se dressent comme de vieilles forteresses d'ogres ruisselant d'une fange liquide; un milliard d'années de malheurs là-bas, cette masse énorme, là, avec ses lèvres bavantes d'écume à la base. De sorte que vous sortez d'un délicieux petit sentier de forêt, avec un brin d'herbe entre les dents que vous lâchez pour voir la destinée. Et vous levez les yeux vers ce pont d'une hauteur incroyable et vous sentez la présence de la mort;

[...] D'énormes arêtes rocheuses se dressent de toutes parts, creusées de cavernes; la mer s'engouffre à l'intérieur, et l'écume jaillit; grondement et martèlement sur le sable;

[...] Mais vous levez les yeux vers le ciel, la tête renversée en arrière, bon Dieu, vous êtes là, juste au dessous de ce pont vertigineux, de cette mince ligne blanche qui court d'un rocher à l'autre, et ces voitures inconscientes qui le traversent à toute allure comme dans un rêve! D'un rocher à l'autre! Tout au long de cette côte tourmentée. Et moi, quand j'ai entendu par la suite des gens dire: « Oh, Big Sur, ça doit être beau! » ma gorge s'est serrée, je me suis demandé pourquoi ce lieu a la réputation' d'être beau, pourquoi on ne parle pas de l'impression de terreur qui s'en dégage, des rocailles blakéiennes qui grondent, agonie de la création, du spectacle qui vous attend quand vous descendez le long de la côte par une journée ensoleillée, écarquillant les yeux sur des kilomètres et des kilomètres d'une mer dévastatrice."

Jack Kerouac : Big Sur











Kill Me Sarah | 13:59 |


samedi, juin 07, 2003

(Via Navire.net)

Tu viens de découvrir sur Blogshares que non seulement ce blogue était coté, mais qu'en plus il avait une certaine valeur. A ton grand étonnement, une (1) action de Kill Me Again vaut actuellement $167,13 !!!. Et visiblement, tu fais même l'objet de spéculations !!!
"With land in your hand, you'll be happy on earth
Then invest in the Church
this blog for your heaven."



"Pity the poor consumer, have we bartered our souls,
are we changing our role
Freedom, truth and emotion are now up for sale,
can we afford them or even fail
Money madness, is that all that's left,
there must be more to life
Profit motive, the key to success,
but it leads to such grief and strife"

Murray Head : Pity the poor consumer


Kill Me Sarah | 17:54 |




C'est étrange comme parfois certains rêves peuvent laisser des souvenirs "physiques". Etrange de voir qu'au réveil, le corps semble se souvenir des sensations imaginées durant la nuit. Etrange de voir que pendant ton rêve tu as ressenti physiquement les baisers qu'elle te donnait. Et ce matin tu as encore l'impression d'avoir le goût de ses lèvres sur les tiennes. Peut être parce que les souvenirs de la douceur de sa bouche sont encore tellement présents, et que ce rêve les a fait ressurgir. Etrange de voir comme un voyage onirique plutôt agréable peut laisser une sensation de manque, de mal être au réveil.
Cela fait deux jours que tu as fait ce rêve et il te hante toujours. Depuis deux jours, le matin, tu revois ces images, tu ressens encore le contact physique de ses lèvres contre les tiennes, et tout de suite après, le vide qui t'envahit...

"See my solitude, where once was truth now only doubt
Touch my tortured skin, torn from within and from without
Kiss my blistered lips, my fingertips frost-bitten and grey...
[...] Kiss the purest lips, the morning slips into the day
Rising from the bed, we feel our dead skin fall away."

The Divine Comedy : Death of a supernaturalist

Kill Me Sarah | 08:50 |


jeudi, juin 05, 2003

Ton post précédent te fait penser à une autre "chanson" que tu avais "écrite" (les guillemets sont plus que nécessaires compte tenu que ton talent se limite à la connaissance de la fonction copier/coller). Une "chanson" hommage au White Album des Beatles. Ca donnait ça :

Deep in the jungle where the mighty tiger lies
Blackbird singing in the dead of night
La la how the life goes on
It's beautiful and so are you

but can you show me where you are
And when at last I find you
Your song will fill the air

With voices out of nowhere put on specially
The world was waiting just for you
We're gonna have a good time

Hey, You don't know how lucky you are, boy
When I cannot sing my heart
Listen to the pretty sound of music

I don't know why nobody told you
You are making me crazy
You know I'd give you everything I've got

Half of what I say is meaningless
Tell me tell me come on tell me the answer
When I get to the bottom
crawling in the dirt

I love you honey pie
you know that I need you
singing songs for every one




You say you want a revolution
Why don't we do it in the road
Look what you've done

You know the place where nothing is real
I'm waiting here just waiting to hear from you
And I'll be better
Because Happiness is a warm gun

Come on is such a joy
Now it's time to say good night
If I ain't dead already



Kill Me Sarah | 23:06 |




Tu découvres les haïku de Jack Kerouac qu'elle t'a envoyés hier soir, fasciné. Si, dans ses romans, Kerouac a une écriture "jazz", dans ses haïku, il est "rock", profondément rock. Tu t'es amusé à en mettre plusieurs bout à bout, pour composer cette petite chanson, cette ballade pour Jack. Tu te laisses bercer par ses mots sur un mid-tempo électrique, gorgé de guitares fantomatiques égrenant des arpèges rouillés et grinçants :

Birds singing
In the dark
Rainy dawn

May grass...
Nothing much
To do

The days go
They can't stay
I don't realize


Desolation, Desolation
Wherefore have you
Earned your name ?

Nightfall, too dark
To read the page,
Too cold

The sound of silence
Is all the instruction
you'll get

Jack Kerouac : Haïku

Kill Me Sarah | 21:46 |


mercredi, juin 04, 2003

Tu es allé sur les bords de Marne ce midi. Tu as traversé la passerelle bleue pour rejoindre l'île Ste Catherine et là, tu t'es assis sur un banc sous les arbres. Tu regardais couler la Marne docilement, pendant que les nuages couraient dans le ciel vers une destination inconnue. Tu n'as pas pu t'empêcher de repenser à ces bancs où tu t'asseyais l'année dernière. Trop de souvenirs défilent devant tes yeux. Tu voudrais en noyer certains, les empêcher de remonter systématiquement à la surface, les enfermer dans un livre que tu rangerais pour le moment dans un tiroir, juste pour te libérer de leur présence trop imposante.

Tu t'es souvenu de la fin de Sur la route, sûrement à cause de ce post, quand Sal Paradise, s'assoit "près du fleuve sur le vieux quai démoli" en pensant à toute cette route parcourue, "Le vieux Dean est parti, me dis-je, et à voix haute : Tout ira bien.".

Tu devrais prendre la route toi aussi. Changer d'air, te laisser emporter par le flot continu du bitume. Parcourir des immensités, sauter de ville en ville. Et brûler, brûler, les kilomètres, l'essence, l'énergie. Brûler de passion dévorante, brûler de liberté, d'espaces, brûler tout ce qui peut l'être avant qu'il ne soit trop tard. Se consumer d'un feu intérieur inextinguible, brûler ses rêves, ses illusions, brûler d'un feu qui illuminerait la nuit...

Tu es resté un moment sur le quai, puis tu es retourné au bureau. Te replonger dans ce quotidien sans âme et sans intérêt...

"What's the matter with me,
I don't have much to say[...]
sit down on this bank of sand
And watch the river flow."

Bob Dylan : Watching the river flow

"Ainsi donc, en Amérique, quand le soleil descend et que je suis assis près du fleuve sur le vieux quai démoli, contemplant au loin, très loin, le ciel au-dessus du New-Jersey,et que je sens tout ce pays brut rouler en bloc son étonnante panse géante jusqu'à la Côte Ouest et toute cette route qui y va, tous ces gens qui rêvent dans son immensité [...] et personne, personne ne sait ce qui va arriver à qui que ce soit, n'étaient les mornes misères de l'âge qu'on prend - alors je pense à Dean Moriarty, je pense même au Vieux Dean Moriarty, le père que nous n'avons jamais trouvé, je pense à Dean Moriarty."
Jack Kerouac : Sur la route

Kill Me Sarah | 13:38 |


mardi, juin 03, 2003


"...I'm sitting here hoping this water will boil
When I look through the windows
and out on the road
They're bringing me presents and saying hello.

Singing words, words between the lines of age.
Words, words between the lines of age.
If I was a junkman selling you cars,
Washing your windows and shining your stars,
Thinking your mind was my own in a dream
What would you wonder and how would it seem?
Living in castles a bit at a time
The King started laughing and talking in rhyme."

Neil young : Words


Depuis vendredi tu ne l'avais pas vu. Mais ce matin, IL était là. A sa fenêtre bien sur. Etrangement, il regardait vers la Marne ce matin. C'est rare. Peut être était-ce la pluie qui lui donnait envie de voir le fleuve couler. Alors tu t'es rué sur ton appareil photo. Et voilà, maintenant il est sur le net, c'est presque devenu une vedette. Il n'en saura probablement jamais rien...

Kill Me Sarah | 19:57 |


lundi, juin 02, 2003

Parfois tu rêves de partir loin. Sur une île au soleil, loin de tout. Cela ne changerait pas grand chose, tu sais très bien que l'on emmène toujours ses problèmes avec soi. Et puis la solitude n'est sûrement pas plus facile au soleil. Néanmoins, tu rêves parfois d'une petite maison donnant sur la plage.
Le soir, sous la véranda, dans un transat dont la peinture blanche s'écaillerait sous l'effet du soleil et de la pluie, laissant apparaître le bois, tu siroterais ton ti'punch en écoutant de la musique, chassant nonchalamment les insectes voletant autour de toi. Tu laisserais ton regard se perdre dans la nuit tropicale, ton esprit s'imaginerait un monde toujours meilleur. Dans les disques que tu aurais amenés avec toi, il y aurait celui-ci. Ton album de l'année 2002. Certains soirs, tu repenserais à cette année 2002. Tu penserais que, même si elle a mal finie, c'était une belle année... ces soirs là, tu laisserais Wilco chanter toute la nuit... "You were right about the stars, Each one is a setting sun"...

"How can I convince you it's me I don't like
And not be so indifferent to the look in your eyes
When I've always been distant
and I've always told lies for love

I'm bound by these choices so hard to make
I'm bound by the feeling so easy to fake
None of this is real enough to take me from you

Oh I've got reservations
about so many things
but not about you

I know this isn't what you were wanting me to say
How can I get closer and be further away
From the truth that proves it's beautiful to lie

I've got reservations
about so many things
but not about you
I've reservations
about so many things
but not about you
not about you
not about you
not about you
not about you"

Wilco : Reservations



Kill Me Sarah | 22:49 |




Le ciel est d'un gris clair uniforme, la pluie tombe doucement, une pluie timide, qui n'arrive pas à se décider à tomber vraiment ou à s'arrêter. Une pluie qui ne sait pas ce qu'elle veut. Un peu comme toi. Tu ressens en ce moment une insatisfaction chronique vis à vis de tout ce qui arrive. Le temps, le travail, les week-end, la solitude, les moments passés avec d'autres, la tristesse, les plaisirs… Tu ne sais pas ce que tu veux et tu ne sais pas te satisfaire de ce que tu as. "Too young to die, too old to rock'n roll", tu vis dans une sorte d'inter-monde où tu ne trouves pas ta place.
Iggy Pop dans cet étonnant album introspectif qu'est Avenue B, a cette phrase superbe sur No Shit : "I wanted to find a balance between joy and dignity on my way out". Tu voudrais toi aussi, essayer de trouver cet équilibre.

"They called it stormy Monday blues,but Tuesday is just as bad
Oh, they called it, they called it stormy monday,
but Tuesday, Tuesday is just as bad
Oh, Wednesday is worst And Thursday oh so sad"

Stormy monday blues

Kill Me Sarah | 09:55 |


dimanche, juin 01, 2003



Souvent, devant la beauté, tu regardes, tu écoutes, sans rien dire...

(un (trop) court extrait de) Lambchop : Caterpillar

Kill Me Sarah | 21:40 |





Il y a des livres qui n'ont l'air de rien comme ça, pas très gros, que tu achètes presque au hasard parce que quelques mots dans une critique t'ont interpellés, en te disant, de toute manière il sera vite lu. Sans trop savoir ce qu'il y a dedans. Et puis hier soir, tu le lis et tu prends une gifle en plein visage. Une gifle qui fait mal, dont les picotements de douleur sur la joue se font persistants longtemps après.

Une mère de famille prend le car pour emmener ses deux enfants voir la mer, mais ce n'est pas l'été, ce ne sont pas les vacances. Et tu pars avec eux pour ce voyage au bout la nuit, ce voyage au bout des cauchemars de cette mère perdue, isolée dans ses terreurs.

Dans ce style volontairement frustre, celui de cette mère que l'on pourrait facilement qualifier d'indigne, on retrouve d'ailleurs des tournures, des expressions du Voyage au bout de la nuit. Sauf qu'ici, c'est directement un des personnages de la banlieue blafarde du Rancy qui nous raconte son histoire.



Les livres sont fait pour susciter des émotions. Celui-ci vous dérangera dans votre petit confort, il vous révoltera, ne pourra vous laisser indifférent, suscitera de l'incompréhension. Ce livre est terrifiant. Le portrait sordide de cette femme, son cri d'impuissance face au monde, de révolte sans espoir, est tout simplement bouleversant (Le Petit Robert. Bouleverser : Causer une émotion violente et pénible, un grand trouble).

"En fait les mômes ont peur des autres. Je peux pas leur donner tort. On est jamais comme ils voudraient qu'on soit. On les énerve. On les dégoute. Le monde entier est déçu par son voisin. Parfois, on sait pas pourquoi, quelqu'un correspond exactement à ce que tout le monde attendait. Celui-là on l'aime, on l'applaudit, on le montre à la télé. C'est exceptionnel. Le reste de l'humanité se méfie et se déteste, ce que je veux dire c'est que l'amour, c'est sur, est beaucoup moins bien réparti que la haine."
Véronique Olmi : Bord de mer

Kill Me Sarah | 10:29 |


Ego
Sexe : M / Age : 44
Profession : Aucun interet
Situation : Helplessly Hoping

14 jours à La Baule (Pdf)

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Dresden Dolls : Dresden Dolls
Herman Düne : Not on top
The Arcade Fire : Funeral
Spoon : Gimme Fiction
Sleater Kinney : The Woods
The Magnetic Fields : I
Nirvana : When the lights out
Eels : Blinking lights and other revelations
Calla : Televise
Sebadoh : Harmacy
Blonde Redhead : Misery is a butterfly
Diabologum : #3
P.J Harvey : Dry
Smog : Rain on lens
Gang of four : Entertainment !
Stereolab : Oscillons from the anti-sun
Hood : Outside closer
Cat Power : The cover records
Antony and the Johnsons : I'm a bird now
Sonic Youth : Goo; Washing machine
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