Kill Me Again (Kill me Sarah, Kill me AGAIN with love...)
(Chroniques égocentriques : The Soundtrack Of Your Life)
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mercredi, janvier 11, 2006









C'est ICI que ša se passe maintenant : KILL ME SARAH







Kill Me Sarah | 15:53 |

samedi, novembre 19, 2005

Last Song : Mano Negra : Pas assez de toi

I hate myself for lovin' you and the weakness that it showed.
Bob Dylan

Voilà. C'est fini. Mes mains ne te feront plus l'amour. Je ne t'écrirai plus. Je n'écrirai plus. Tout court. C'est fini.
Tu ne laisses de mon coeur et de mon âme qu'un tas de cendres déjà froides. On croit mourir. Mais finalement non. C'est encore pire.
Voilà. C'est fini...


Le futur ne fera plus un passé acceptable il est trop tard. Je voulais t'écrire une lettre, une lettre d'amour, parce que le miroir sur lequel je traçais mon désir s'est brisé. Il y avait ce temps ce matin, une pluie dégoulinante à pleurer sur place, assis sur le pavé gris et suintant. Comme si là-haut ils s'étaient dit que le soleil serait une provocation aujourd'hui. Je suis en morceaux. Déconstruit depuis trop longtemps. Je ne suis plus qu'un assemblage de segments disparates et mal ajustés. Tu ne m'as pas laissé le temps de me reconstruire. Le vent se glisse entre mes cotes, j'ai connu des épouvantails au milieu des champs d'hiver en jachère, rongés par des vers blancs et gras.

Depuis une semaine je vois des lames électriques trancher ma chair intime, je ne peux plus continuer à te parler. Si seulement les fantômes de ton corps offert venaient me frôler de leurs brumes délétères, si mes doigts et ma langue pouvaient encore remonter le velours de tes cuisses jusqu'à ta source, mais sur les meubles vermoulus des chambres abandonnées, il n'y a plus que la fine poussière acre des amours calcinées. J'ai beau crier la nuit, j'ai beau crier, même le diable ne se déplace plus. Mon âme décrépite n'a même plus la valeur de ses turpitudes. L'autre nuit, j'ai mis de la musique. Fort. Et les arbres dehors en ont frémis, je le sais, je les ai entendus crier et se glacer d'effroi.


J'ai cru voir ma propre enveloppe l'autre jour, fixée au mur par des pointes oxydées. J'ai repensé au portrait de Dorian Gray. J'ai même cru un instant que j'existais encore. Et puis j'ai vu que je n'étais plus que l'image figée que ton esprit a gardée quand tu es partie avec lui. Parfois la nuit, je pourrais rêver de tes doigts caressant les craquelures de mon vernis écaillé, comme s'ils voulaient vérifier le souvenir de mon corps dans leur chair tendre. Je pourrais rêver que je sens ta paume sur ma joue, dans mon cou mais le vent qui s'infiltre par les interstices des fenêtres au bois gonflé par l'humidité, fait frissonner mon épiderme qui palpite, à moins que cela ne soit ces résurgences de félicités charnelles qui me font nourrir la mandragore.

Un jour, un jour ou deux, je lacèrerais ce tableau de mes ongles plein de la terre du jardin où j'ai creusé pour chercher ton coeur que je n'ai pas trouvé. Je lacèrerai ce tableau juste pour voir si ma peau partira en lambeaux comme mes rêves décatis.

Il fait froid sur la pierre nue mais l'absence est bien pire. Une nuit sous la lune où l'herbe sera devenue blanche, je descendrai l'escalier aux marches ébréchées, j'irai dans le jardin au milieu des statues et j'enlacerai leur corps de pierre jusqu'à ce que mes bras et ma poitrine saignent, puis j'irai m'allonger dans l'étang glacé au milieu des nénuphars et j'attendrai patiemment qu'il y en ait un qui veuille bien me pousser dans le coeur, il y a toute la place nécessaire maintenant...


Gustave Caillebotte : Self Portrait (Vers 1889)

Je m'étais assis près de la rivière pour t'écrire une lettre d'amour, pour te dire je t'aime une dernière fois, mon âme a dû s'égarer. Je voulais t'écrire une lettre, mais le papier humide partait en lambeaux sous ma plume, alors j'ai gravé les mots dans ma chair. Tu ne les liras pas. Le futur n'est déjà plus un passé acceptable.

Kill Me Sarah | 00:37 |

mercredi, novembre 16, 2005

SONG 416 : The Black Heart Procession : Why I stay (Album : Amore del tropico 2002)

Toutes ces questions aux réponses effrayantes. Ces particules de confiance désagrégées, il n'en restait pas tant. Le temps gris comme les pensées avec ces trouées de soleil parfois, rarement, tellement fugaces. L'inconnu qui ne l'est pas tant que ça, les voiles d'hésitations qui se déchirent. La vérité cachée derrière n'est pas si reluisante. Tu observes ton avenir en spectateur silencieux et immobile, comme on regarde la carcasse rouillée d'un bateau brisé en se demandant quand il va sombrer. Sans pouvoir rien y faire...

"- Tu sais ce que disait Louise Brooks? Qu'on ne peut pas tomber amoureuse d'un type bien ou gentil. Parce que les choses sont ainsi faites qu'on n'aime jamais vraiment que les salopards.
[...]Cette phrase m'était tombée dessus comme une sorte de fatalité castratrice."

Jean Paul Dubois : Une vie Française

Kill Me Sarah | 21:15 |

lundi, novembre 14, 2005

SONG 415 : Blonde Redhead : Falling man (Album : Misery is a butterfly 2004)

Voilà. Ca ne ressemble à rien d'autre qu'à ça. A l'histoire du type qui tombe d'une hauteur vertigineuse et qui se dit, jusque là tout va bien, jusque là tout va bien... Tu viens de sauter dans le vide, tu peux toujours espérer que des ailes te poussent subitement dans le dos pour t'épargner l'écrasement fatal et inéluctable, tu peux toujours espérer, alors jusque là tout va bien... quelle autre alternative... mourir sur place ou se lancer dans le vide en se disant jusque là, tout va bien, la chute risque pourtant de ne pas être très longue... quelle autre alternative... juste une fuite, une fuite en avant mais une fuite, jusque là tout va bien, elles vont se faire attendre les ailes... ne plus être rien, même pas personne là, maintenant, tout de suite, ou sauter pour reculer l'échéance, quelques instants de plus, arrachés, jusque là tout va bien, sinon ça n'irait déjà plus... il disait comment Charles, Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe, ce n'est pas parce que tu vois encore que le ciel que l'enfer ne s'approche pas, jusque là tout va bien, jusque là tout va bien... ton âme trop plombée pour ne pas couler t'entraîne vers le fond... la chute libre... ou est la liberté là-dedans... jusque là, jusque là seulement, tout va bien...

I know a ghost can walk through the wall
Yet I am just a man still learning how to fall

Kill Me Sarah | 23:07 |

samedi, novembre 12, 2005

SONG 414 : The Dresden Dolls : Missed me (Album : The Dresden Dolls 2003)

One november spawned a monster chantait Morrissey. Le gris, le froid, la pluie glacée. Le décor d'un samedi de transition. Un temps à rester au chaud à faire l'amour. Le temps d'une respiration essentielle. C'est toi mon soleil et il manque. Les trottoirs ternes semblent parfois s'ouvrir pour nous engloutir avec nos doutes. On a loupé des marches dans l'escalier de nos vies adultes, comme si l'on avait oublié quelque part, derrière, la clé de voute de nos existences vacillantes. Alors on passe notre temps à plâtrer les fissures... Un temps à rester au chaud et à faire l'amour, pour oublier tout le reste... mais il faudra attendre encore un peu...

"Now you've got to kiss me
If you kiss me, mister
You must think I'm pretty
If you think so, mister
You must want to fuck me
If you fuck me, mister
It must mean you love me
If you love me, mister
You would never leave me
It's as simple as can be !"

Kill Me Sarah | 19:29 |

vendredi, novembre 11, 2005

SONG 413 : The Rolling Stones : Street Fighting Man (Album : Beggars banquet 1968)

Ev'rywhere I hear the sound of marching, charging feet, boy. Comment ne pas ressentir de la honte face aux propos du ministre de l'intérieur. On peut se demander qui attise la haine. Dans quel monde vit-on? N'a t'on mérité que si misérable gouvernant?
Et le week-end, gorgé d'absence, comme un voile noir. Tu voudrais te coucher, dormir, ne te réveiller que lundi, pour respirer à nouveau. Et il y a ce poids qui écrase les mots, et le reste. Difficile de mettre du baume sur les bleus pourtant dérisoires de nos âmes...

Kill Me Sarah | 18:28 |

mardi, novembre 08, 2005

SONG 412 : The Clash : Rebel Waltz (Album : Sandinista 1980)

"Dans l'âme des gens, les raisins de la colère se gonflent et mûrissent, annonçant les vendanges prochaines."
John Steinbeck : Les raisins de la colère

Kill Me Sarah | 21:47 |

samedi, novembre 05, 2005

SONG 411 : The Byrds : Renaissance fair (Album : Younger than yesterday 1967)

En rentrant tu t'es dit Tiens les rêves sont tombés. Tu les avais accrochés au portemanteau, dans l'entrée. Ils dégoulinaient un peu, à cause des larmes de l'extérieur. Tu as posé ton sac, enlevé tes chaussures et tu les as ramassés par terre. Dans tes mains ils avaient une consistance molle, comme s'ils étaient en train de mourir à la manière d'une méduse échouée sur la plage. Tu les as serrés contre toi pour les réchauffer. Mais en séchant ils sont devenus encore plus fragiles que du cristal, tu les sens prêts à se briser au moindre faux mouvement. Tu n'oses plus les toucher ni bouger. Alors tu restes assis là, sans rien faire, un dilemme comme une épée de Damoclès au dessus de la tête, osant à peine respirer, avec tes rêves dans tes bras...

I think that maybe I´m dreaming
I smell cinnamon and spices
I hear music everywhere

Kill Me Sarah | 20:38 |

vendredi, novembre 04, 2005

SONG 410 : Hederos & Hellberg : Concrete Jungle (Album : Together in the darkness 2003)

Juste une chanson parfois, pour briser le silence. Hier, comme ce soir. Remplir l'absence. L'été indien est mort dans la grisaille et l'humidité poisseuse. Des espoirs discrets rampent sur le pavé gris. Juste une chanson. Et les notes mélancoliques filent dans la nuit. Il y a des années, presque vingt-cinq ans, la même chanson peignait déjà les murs gris de novembre noyés dans le halo faiblard des lampadaires des rues désertes... étrange souvenir...

Kill Me Sarah | 20:25 |

jeudi, novembre 03, 2005

SONG 409 : Joseph Arthur : Speed of light (Album : Live Au New-Morning Paris 03/06/2002)

Les pavés de la petite place à coté de la cathédrale. L'arbre sous lequel tu t'es assis pour l'attendre. Le soleil qui illuminait les toits. La lumière du temps, faite d'ombre et de clarté. La vitrine avec cette énorme sculpture rouge. Les petites rues en pente pour rentrer. Ces moments absorbés lentement pour couler ensuite dans les veines jusqu'au coeur. La voix douce qui lit ces histoires courtes, les rires... Puis les instants sur lesquels on ne mets pas de mots pour les conserver intacts dans la chair et dans les yeux. Le silence pour tenir secrète la brulure du désir dans tes doigts, la brulure qui transporte dans les étoiles à la vitesse de la lumière... J'ai mangé ton coeur ce soir, je l'avais posé intact sur le verre de la table du salon...

Kill Me Sarah | 21:30 |

dimanche, octobre 30, 2005

SONG 408 : Animal Collective : Grass (Album : Feels 2005)

Il y aurait du rose dans le ciel. Il y aurait un champ d'herbe tendre, avec une douce pente. Il y aurait les rayons du soleil couchant comme un phare dans la nuit. Il y aurait des rires. Il y aurait des courses main dans la main comme des enfants. Il y aurait de la tendresse. Il y aurait même, là, en bas du champ, avec le regard se perdant dans le ciel de ses yeux, il y aurait même de l'insouciance. Il y aurait des arbres et ils parleraient. Il y aurait des lapins craintifs, restant à distance, mais curieux de cette joie. Il y aurait des lèvres qui se rejoindraient. Il y aurait le vent léger dans les feuilles qui dirait sorcières, sorcières, laissez les tranquille et les démons resteraient dans leurs trous sombres. Il y aurait de la folie douce pour faire oublier l'actuelle tellement plus dure. Il y aurait même des cris de joie. Il y aurait de la musique parvenant de la maison un peu plus haut avec les notes comme des papillons. Il y aurait du chocolat chaud dans de grandes tasses. Il y aurait de grandes respirations. Il y aurait des rêves en fusion. Il y aurait deux corps qui se frôlent, se touchent, jamais lassés de leur contact. Il y aurait presque des ailes qui repousseraient dans les dos, reprenant leur place naturelle sur les omoplates saillantes. Il y aurait tout ça et tellement plus. Il y aurait des lendemains qui chantent. Ca serait peut être même un dimanche. Mais ça ne serait pas aujourd'hui...

Kill Me Sarah | 17:27 |

jeudi, octobre 27, 2005

SONG 407 : Wilco : Sunken treasure (Album : Being there 1996)

Un pas dans le brouillard. Rien qu'un pas. Déjà un pas. Un à la fois. Du noir clair au lieu du noir profond. Un pas. L'impatience ensuite de pouvoir en faire un deuxième. Mais un pas. Rien qu'un pas. En avant peut être. Dans le brouillard comment savoir. Un pas à la fois. Comme un leitmotiv insistant. Oublier le mal. Oublier la douleur. Penser un pas. Rien qu'un pas. Manger, boire, rire, vivre, aimer. Un pas pour ça. Un enfant jouait un air de flute maladroit tout à l'heure dans la cour, les notes hachées, brisées te parvenaient par la fenêtre ouverte. Brumes persistentes. Tu ne retiens rien du passé. Il se dissous comme poussière impalpable entre tes doigts. Dans la distance se perdent des éléments essentiels, particules élementaires, fragments d'existence. Eviter la pluie acide des retombées irradiées. Un pas dans le brouillard. Rien qu'un pas. Déjà un pas. Un à la fois. Chemins escarpés qui parfois s'éloignent et se retrouvent, chemins escarpés longeant ces précipices étouffants et vertigineux. L'appel du vide aussi. A oublier. Je t'envelopperai dans la ouate de mes bras pour que tu ne te cognes plus la tête, ou alors contre la mienne, juste contre la mienne. Et ces frayeurs enfantines qui remontent et crèvent à la surface du marécage de nos vies comme des bulles de gaz trop longtemps retenues sous la boue de nos échecs.
On ne fait que pleurer, on ne fait que crier, on ne fait que fuir, nos propres reflets dans le miroir oxydé de nos espoirs en échos impalpables. Echappés de nos corps mais toujours à portée de main. Un pas dans le brouillard. Rien qu'un pas. Déjà un pas. Un à la fois. Pour s'en rapprocher, les effleurer doucement, les apprivoiser, comme un chien abandonné redevenu sauvage. Et toujours, toujours, ce métal rouillé sous les doigts, dans la gorge, dans les veines. Tremper ton coeur dans le minium. Et ces pensées, ces mots, uniques, essentiels, fondateurs, accrochés aux méandres de ton cerveau, lueurs dans les circonvolutions ténébreuses de l'esprit défait.
Tu comprends, il y a les corps, il y a les âmes, et le goût de son plaisir sur tes lèvres, sur ta langue. Tu seras homme, tu seras femme, tu seras amant, tu seras mari. Tu comprends il y a le temps, il y a l'attente. Tu comprends, il y a les doutes, il y a la confiance noyée dans le passé. Tu comprends il y a ces coffres au fond de nous, il y a peut être le soleil à l'intérieur, on a oublié, il faudra forcer leurs charnières rouillées, ils auront des grincements sinistres. Tu comprends il y a le vent qui secoue les branches des arbres aux feuilles à peine jaunies, tu comprends il y a le temps encore avant qu'elles ne soient toutes tombées, il s'insinue le vent, dans les corps et dans les coeurs, il y a le temps encore, il fait vaciller les voiles noirs et épais masquant l'horizon et attise les braises des rêves enfouis sous la cendre des déceptions. Il y a du rouge encore, du sang qui coule, chariant ces sentiments qui bouillonent. Il y a le vent, il y a le souffle, il sort de nos bouches avides. Prends ma main, dans mes doigts il y a encore du plaisir. Un pas dans le brouillard. Rien qu'un pas. Déjà un pas. Un à la fois. Tu comprends. Tu comprends?

Kill Me Sarah | 16:35 |

mardi, octobre 25, 2005

SONG 406 : Final Fantasy : This is the dream of win & reg (Album : Has a good home 2005)

Les rêves se déchireraient-ils comme des pans de tissus moisis tombant mollement dans un voile de poussière blanche? Comme au ralenti. Le plancher vermoulu du grenier de tes espoirs craque comme un bateau sous la tempête. Métaphores ridicules. Angoisses bien réelles. Illusions calcinées. Il n'y a plus que des fantômes à la barre. Les décors de carton-pâte s'écroulent un à un révèlant ton vide intérieur. Une dernière danse pour le général de l'armée morte avant de tirer sa révérence. Le violoniste fait sauter son archet sur les veines des coeurs morts. Il n'y aura bientôt plus que des voiles de brumes flottant entre les pierres disjointes des tombes séculaires. "There must be some way out of here," said the joker to the thief, "There's too much confusion, I can't get no relief." Mais cela n'a rien à voir. Non. Rien à voir.

Kill Me Sarah | 17:34 |

dimanche, octobre 23, 2005

SONG 405 : Joseph Arthur : Toxic Angel (Album Bootleg : Live at the gypsy tea room Dallas 6.19.2000)

Je n'arrive plus à écrire. Je ne veux pas parler de toi, de ce qui se passe, mais je ne pense qu'à ça. Du coup je n'écris plus Elle dit écris ça. Alors avec tes doigts tu as tracé sur son corps les mots bleus de ton désir. Peut être ont-ils transpercé sa peau douce. Tu voudrais avoir écrit sur son âme, les phrases pleurées par tes lèvres muettes. Les paroles sont éphémères, demain, demain, qu'en restera-t-il... S'il suffisait de croiser tes doigts pour conjurer le sort... tu voudrais les laisser emmêlés aux siens pour ne pas briser le rêve des instants enchantés...

"Could you follow me down
With a love like yours
I don't know if i'm able
To keep my feet on the ground
With a mind like mine you know it's never stable."

Kill Me Sarah | 21:52 |

jeudi, octobre 20, 2005

SONG 404 : Elliott Smith : New Disaster (Inédit) (AlbumBootleg : Basement II (démos) 2005)

Des manques. Des besoins. Ou des manques. Ou des besoins.
Ta peau part en lambeau. L'âme qui meurtrit le corps. Le vide qui s'extériorise. Des manques. L'autre matin après t'être levé, tu as cru voir ton corps devenu pierre toujours allongé, figé dans ses doutes. C'est un gouffre insondable qui s'ouvre parfois sous tes pensées irradiées. Des besoins. Les mains dans le vide avec l'irrépressible envie de se poser sur des courbes tentatrices. Tu as laissé une partie de toi dans un escalier en pierre loin d'ici. Des manques à combler pour qu'ils deviennent des besoins. Tu rêves de fusion, de nouvelle collision.
Le parfum amer du désastre semble toujours flotter autour de toi comme un fantôme insistant. Cette semaine n'en finit pas avec son cortège de soirées blessées. Une bulle de douceur s'approche à pas discrets, tu as rangé toutes les épingles pour ne pas la crever.
Des manques. Des besoins. Ou des manques. Ou des besoins.

Kill Me Sarah | 21:00 |

mardi, octobre 18, 2005

SONG 403 : Paul Williams : Phantom's Theme (Beauty And The Beast) (Album : Phantom of the paradise O.S.T 1974)


Brian de Palma : Phantom of the Paradise

"Like a circus on parade
Seldom close enough to see
I wander through an angry crowd and wonder what became of me

To work it out I let them in
All the good guys and the bad guys that I've been
All the devils that disturbed me and the angels that defeated them somehow
Come together in me now"

Kill Me Sarah | 20:22 |

dimanche, octobre 16, 2005

SONG 402 : David Bowie : Moonage Daydream (Album : The rise and fall of Ziggy Stardust and the spiders from mars 1972)


And I'm busting up my brains for the words.
Il n'y a rien qui sort. Il n'y aurait que des cris mais ils sont prématurés. Au dos de cet album il est écrit To played at maximum volume. Comme tes cris. Devant le 23 Heddon Street. Ou n'importe où. Ils s'entendront de loin pour que tout le monde sache.

Make me baby, make me know you really care, Make me jump into the air.

Tu avais onze ans en 1972... On devrait dans ces années là, mettre de coté un peu d'insouciance pour s'en servir plus tard. Un compte épargne insouciance pour se libérer des poids écrasants qui pèsent parfois sur nos épaules de soi-disant adultes. Pour gommer le plomb dans l'estomac de nos douleurs égocentriques. Pour écarter ces nuages sombres et lourds au-dessus de nos têtes. Pour vider nos veines de ces poisons acides qui nous rongent le coeur...

Keep your 'lectric eye on me babe
Put your ray gun to my head
Press your space face close to mine, love


  Photo ©Mick Rock

Kill Me Sarah | 23:19 |

vendredi, octobre 14, 2005

SONG 401 : Low : Lazy (Album : I could live in hope)

Jouer avec l'élasticité du temps. L'allonger. Le raccourcir. L'arrêter. Ou l'effacer. Comme ce soir. Du vin au fleuve. Craquer les allumettes de la petite fille du conte d'Andersen. En espérant que cela soit une grosse boîte. Hier soir tu dis Je ne sais pas ce que je suis. Le temps. Comme une boite noire assassine. Pain, saucisson, fromage. Du vin rouge. Le fleuve sera pour plus tard. La pénombre. Des pensées en quelques caractères. Comme un soupir. Le temps à malaxer dans des doigts maladroits. Ou l'attente peu maléable. Des mots en vrac. Pour rien. Pour faire passer le temps. Le temps élastique. Bien trop rigide ce soir...

Kill Me Sarah | 23:04 |

mercredi, octobre 12, 2005

SONG 400 : Radiohead : True love waits (Album : I might be wrong live EP 2001)

La vie suspendue à presque rien. A quelques espoirs hypothétiques et changeants. Le vide au creux de l'estomac. En recherche de paroles réconfortantes à défaut de gestes, de caresses, de baisers. La vie suspendue. Perdu dans une brume épaisse. La brume des doutes et des incertitudes. Quelques fois, au gré du vent qui souffle, des percées dans le cocon opaque font apparaître au loin une lueur comme un phare. Une lueur comme une chaleur réconfortante et apaisante. Une direction vers laquelle se diriger, non, pas une, la direction. Celle espérée. Mais au gré de ses mouvements, la brume se referme et l'horizon s'obscurcit de ténèbres blanches. Perdu au milieu de rien, avec toute cette vie qui se devine derrière le rideau blanc sans pouvoir l'atteindre. Un voile d'inaccessible.
Les poches pleines de tickets périmés, souvenirs d'une vie inutile, tu racles les tiroirs poussiéreux à la recherche d'une richesse perdue, comme la chronique d'une catastrophe annoncée. Les princesses aux ailes d'argent se sont envolées depuis longtemps. Sait-on jamais quand s'arrête une vie? Sait-on jamais quand elle ne devient plus qu'un wagon grinçant poursuivant sa course sur sa lancée jusqu'au terminus des improbables. Sur le trottoir gris et poisseux, tes pas hasardeux ne mènent plus nulle part. Il fut un temps, oui, il fut un temps mais celui-ci est révolu. Il n'y a plus que des fantômes dans la cour déserte et froide de tes espérances. Alors on fait durer un peu le moindre souffle, la moindre flamme. Un soir, tu as vu des clochards qui trinquaient avec des coupes à champagne vides et ils riaient.
Tu t'épuises à chasser cette brume de ton souffle court pour tenter d'apercevoir une nouvelle fois cette lumière... Si elle pouvait ne pas s'éteindre tout de suite, si elle pouvait...

"and true love waits
in haunted attics
[...] i'm not living, i'm just killing time
your tiny hands, your crazy-kitten smile
just don't leave
don't leave"

Kill Me Sarah | 19:16 |

dimanche, octobre 09, 2005

SONG 399 : Lou Reed & John Cale : Forever changed (Album : Songs for Drella 1990)

J'en rêve. Et c'est rien de le dire... Les deux mêmes. Ils s'étaient retrouvés en 1990 à la Fondation Cartier justement, pour un hommage à Andy Warhol suite à ce magnifique album. J'en rêve. L'écriture en apnée, les mots se font silence. Perdu dans une mer d'incertitude. J'en rêve. Il y avait un soleil magnifique cet après-midi sur Paris. Un après-midi d'automne radieux comme tu les aimes. Tu serrais ses messages dans ta main comme si tu serrais la sienne. J'en rêve. L'avenir opaque se dévoile minute par minute, inconnu. Dans la fébrilité du funambule en équilibre précaire au-dessus du vide. J'en rêve. Tu espérais un après différent. Bon ou mauvais, il le sera de toute manière. J'en rêve. Tu espères, juste pour une fois, éviter la chute vertigineuse. J'en rêve.

"Only heart to see me through
My old life's disappearing, disappearing from view
Forever changed"

Kill Me Sarah | 21:18 |

vendredi, octobre 07, 2005

SONG 398 : The Velvet Underground : Venus in furs (Album : The Velvet Underground and Nico 1967)

Il y a eu un frisson hier, lorsque John Cale a débuté son concert en faisant résonner sur son alto le motif obsédant de Venus in furs...
Les matinées sont couvertes de brume. Le ciel bas a un air d'hiver avant l'heure. L'impression de vivre sous un étouffoir. Ton esprit nage en plein brouillard, perdu dans les circonvolutions de ses hésitations. Il a pris un coup de vieux physiquement John mais il n'a pas perdu son énergie. Tu t'es dit, tiens vieillir comme John Cale serait assez digne. Toute la journée, de la souffrance, comme injectée concentrée dans les veines, le coeur dans un étau, le souffle court. La compréhension égarée dans les méandres de son labyrinthe. L'épuisement, l'usure à fleur de nerfs. Tendus comme les cordes de l'alto sur lequel l'archet vrille les terreurs nocturnes de nos vies désincarnées...

I am tired, I am weary
I could sleep for a thousand years
A thousand dreams that would awake me
Different colors made of tears

Kill Me Sarah | 22:31 |

jeudi, octobre 06, 2005

SONG 397 : Sparklehorse : Eyepennies (Album : It's a wonderful life 2001)

I will return here one day. C'est ce que tu croyais innocemment. Les mots te fuient. Exactement comme elle est en train de te fuir. Comme si elle emmenait tout avec elle. Now I'm dead, now I'm dead chante Elvis Costello et le choix est loin d'être innocent. Ca ressemble à ça. The first cut is the deepest paraît-il. Non. La deuxième est bien plus terrible. Bien plus terrible. La lame glisse plus facilement dans les cicatrices non refermées. Il ne te reste plus qu'à l'attendre. At sunrise the monkeys will fly, and leave me with pennies in my eyes...

Et moi je vois la fin
Qui grouille et qui s'amène
Avec sa gueule moche
Et qui m'ouvre ses bras
De grenouille bancroche

Boris Vian : Je voudrais pas crever

Kill Me Sarah | 00:28 |

lundi, octobre 03, 2005

SONG 396 : dEUS : 7 days, 7 weeks (Album : Pocket revolution 2005)

Ca sentait la fin de siècle. Des catastrophes hypothétiques et utopistes étaient annoncées. Ce jour là il était allé le midi sur la passerelle enjambant la marne pour avoir une vue dégagée. Il avait installé son appareil photo et avait attendu patiemment l'éclipse. En lui bouillonnait une fièvre qui allait exploser peu de temps après. Des bouleversements irrémédiables qui changeraient sa vie. Des bouleversements dont il aura décidé seul. Au point culminant, lorsque le soleil avait presque complètement disparu, l'eau de la Marne était devenue lisse et sereine comme un miroir. Tous les bruits avaient disparu. Un calme surréaliste et angoissant enveloppait le lieu et il s'était senti aspiré par cette fusion cosmique. Comme si pendant un cours instant il était passé de l'autre coté du miroir d'Alice...
Il n'a pas vu l'éclipse aujourd'hui. Lorsqu'il a regardé par la fenêtre les nuages masquaient le soleil. Mais il s'est dit que peut être, lors des années à éclipse, des bouleversements radicaux se passaient dans sa vie. Il pensait ça pour se rassurer un peu. Pour se dire que tous les espoirs n'étaient pas perdus. Il était prêt une nouvelle fois à tout bouleverser. Pour donner un sens à sa vie. Mais ce soir ce n'est pas seulement le froid qui le fait trembler...

Kill Me Sarah | 21:53 |

dimanche, octobre 02, 2005

SONG 395 : Sonic Youth : Tunic (Blow Job version) (Album : Goo (deluxe edition) 2005(1990))

Tu espères un après qui soit différent. Elle dit c'est très beau. Mais le futur semble déjà mort et enterré. La chute est inscrite en filigrane dans les mots impalpables. Tu te sens vide à ne plus voir les autres, c'est dommage, comme hier soir. On te parle, les mots filtrent à travers toi sans que tu puisses les retenir. Il faudait avaler des pierres pour ne plus sentir ces giclées d'acide à l'intérieur, l'angoisse liquide c'en est à crier, à se recroqueviller sur soi. Tu te sens loin, tellement loin... A quoi bon écrire ces mots vains qui ne soulagent même pas tes craintes. A quoi bon écrire ces mots qui ne changeront rien. A quoi bon... you are never going anywhere.

Kill Me Sarah | 19:40 |

vendredi, septembre 30, 2005

SONG 394 : David Pajo : Ten more days (Album : Pajo 2005)


Tout se brouille, tout s'embrouille, espoir et désespoir. Comme l'ombre et la lumière. Sans savoir qui va l'emporter. Hésitation perpétuelle, oscillation sauvage.

Il pleut, l'automne est bien arrivé et tu pensais à tous ces lieux dans le monde où tu voudrais aller. Tu as acheté Falaises hier soir chez Libralire rue St Maur et la fille à la caisse t'a vu sourire pendant que tes doigts s'agitaient sur le clavier minuscule du téléphone. Elle a fait de même en prenant tes livres, une lueur dans le regard, comme si elle avait lu sur ton visage l'histoire silencieuse accrochée aux mouvements saccadés de ton pouce. Juste un rai de lumière. Avant l'ombre de la nuit s'étirant sur les trottoirs délavés du rouge des néons des vitrines s'allumant un à un, de cette lumière étrange qu'ont les éclairages lorsque le jour hésite encore à laisser sa place à la nuit.

Sur cette chanson David Pajo à des douceurs d'Elliott Smith. Dix jours. Moins en fait. Elle a écrit douceur au dos d'un tableau rose de Klee. Et le mot en lui même en était une. Mais dans l'ombre, tes bras n'étreignent encore que du vide.
"Deux bras, les miens c'est du vide" dit Romain Gary dans Gros-Câlin. Quelques pages plus loin, il écrit "On ne peut évidemment pas crever de peur sans avoir des raisons d'espérer. Ca ne va pas sans l'autre". Et ça ressemble au calque de tes pensées. Comme l'ombre et la lumière. Ou inversement.
                                                                                                       Photo ©KMS 2003

Kill Me Sarah | 22:20 |

Ego
Sexe : M / Age : 44
Profession : Aucun interet
Situation : Pissing in the wind

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