Kill Me Again (Kill me Sarah, Kill me AGAIN with love...)
(Chroniques égocentriques : The Soundtrack Of Your Life)
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samedi, juillet 12, 2003

La Baule : 6ème jour

" The threads that run through your life
Hand from your sleeve
Wind through your soul
The kind you can't control
The kind you can't conceive
The kind you can't believe"

Mercury Rev : Tides of the moon


- Est-ce que tu vois les couleurs ma chérie demandas-tu à ta fille ce matin.
- Ben oui Papa, pourquoi? Il va pas bien le petit Papa ajouta-t-elle en rigolant…

Ca serait donc ça. Les autres continuent de voir le monde tel qu'il était avant, ou tel qu'il est toujours pour tout le monde sauf toi. Serais-tu épargné ou ton esprit aurait-il définitivement atteint les rives de la folie?

Pour toi, La Baule aujourd'hui ressemble à un film en noir et blanc des années 50, sauf que les personnages seraient eux en couleur. Toutes les couleurs des objets ont disparu. Les rues sont en noir et blanc, comme les maisons, les voitures; la plage est grise, les arbres, tout, tout, tout. Sauf la mer et le ciel qui en deviennent plus imposants et majestueux dans leurs bleus habituels. Tout le monde évolue dans ces décors en noir et blanc sans que qui que ce soit à part toi ne semble s'en préoccuper. Tu arpentes les rues avec ton regard halluciné, finalement plus ébahi par l'EFFRAYANTE NORMALITE de tous les passants que par la perte des couleurs. Est-ce qu'ils continuent à voir les objets tels qu'ils étaient avant ou est-ce qu'ils ne s'en rendent pas compte? Tu es le seul à t'esquinter les yeux en essayant de retrouver les couleurs perdues, allant même jusqu'à toucher les objets en vitrines pour essayer de comprendre. Mais pourquoi, POURQUOI?

On ne se rend compte de l'importance des choses que lorsqu'elles disparaissent. Regarder un monde en noir et blanc sous un ciel bleu liquide, c'est comme de perdre une dimension. La terre a perdu de son relief et ressemble maintenant à des décors de cinéma. Tout semble plat, sans vie.

Un nuage de pollution délétère aurait-il abordé les côtes de La Baule? Mais dans ce cas pourquoi serais-tu le seul à en voir les effets? Tu te poses cinquante fois les mêmes questions sans qu'aucune bribe de réponse logique ne vienne effleurer ton esprit. Et toute cette population qui ne voit rien, qui, elle, conserve ses teintes originelles. Leurs vêtements, leur peau plus ou moins dorée, ou rougie par le soleil qui paraît te narguer dans le ciel et déverse ses rayons pesants sur cette mer d'un bleu d'autant plus profond que la terre n'est plus qu'une palette de tous les tons de gris imaginables.

Ce soir, dans l'ascenseur, en remontant, tu as eu l'impression que ton voisin qui est monté avec toi, un vieillard à la peau tannée par le soleil que tu as déjà croisé plusieurs fois, avait perdu de son bronzage. Serais-tu en train d'halluciner où le phénomène s'attaquerait-il maintenant aux hommes?

Toi qui te plaignais il y a peu qu'il ne se passait rien, tu es servi. Tu es de plus en plus fasciné par l'océan. Vu du balcon, ce soir, il semble vouloir dévorer la terre de son impertinente supériorité.

Tu as pris la décision de ramener ta fille chez ses grands-parents. Tu ne peux continuer à la garder avec toi. Soit tu deviens fou et ce n'est pas raisonnable qu'elle reste avec toi, soit il se passe réellement quelque chose d'étrange et autant essayer de lui épargner ça. Les explications avec sa mère au téléphone tout à l'heure n'ont pas été simples. Comment lui faire comprendre… En fait ça c'est plutôt mal passé. Elle te soupçonne de ne pas vouloir rester avec ta fille et d'avoir inventé cette histoire absurde parce que tu aurais rencontré quelqu'un… Enfin peu importe, elle était finalement soulagée qu'elle ne reste pas avec toi.
Demain matin tu l'emmèneras chez ses grands-parents à 300km d'ici. Cela te permettra en plus de voir si les évènements sont uniquement localisés ou s'ils touchent le reste du pays. Tu reviendras ensuite. Quelque chose te pousse à revenir, comme une force implacable contre laquelle tu ne peux lutter. Si tu sombres dans la folie, tu veux savoir jusqu'où cela va te mener. Toujours rien dans les journaux, rien à la télé non plus, redevenue telle qu'aux débuts de l'ORTF. Tu désespères d'obtenir une quelconque information sur ce qui se passe ici. Tu ne sais que faire, tu ne peux en parler à personne sans passer irrémédiablement pour un détraqué mental… Cela te fait peur et tu n'arrives pas à décrire ton désarroi intérieur et cet abandon qui t'envahit de plus en plus.

Il est presque 22h00, le soleil couchant teinte le ciel de reflets rouges et orangés se mêlant au bleu dans une beauté irréelle; l'océan luit comme s'il était éclairé de l'intérieur tant ses couleurs éclatent à la surface. La ville semble être rongée par un cancer pernicieux. Tu sais que tu auras du mal à trouver le sommeil.

Kill Me Sarah | 11:16 |


Ego
Sexe : M / Age : 44
Profession : Aucun interet
Situation : Helplessly Hoping

14 jours à La Baule (Pdf)

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